ANTHROPÔLE, le quartier de la Cineptie !

Association de production audiovisuelle, ATP est aussi un lieu de débats - à sens unique - et d'échanges - unilatéraux - autour du cinéma, de la praxéologie, ou encore de la pêche à la truite fario.

De la mémoire

Voici un léger supplément à la note "le pourquoi de l'inutilité", addition qui n'a plus rien à voir avec le sujet de la note pré-cité - pourquoi je considère mes notes comme inutiles - mais reprend le thème du mouvement cyclique qui y est évoqué, pour l'approfondir en lui adjoignant une fondamentale = le Temps, la mémoire. Relevez le principe suivant = ceci n'est pas forcément une note destinée à être entendue.



Qu'est-ce que le conservatisme ?


    Le précédent raisonnement - le pourquoi de l'inutilité - reposait sur la valeur de la comparaison du système de production cinématographique avec le cyclisme (intéressante métaphore conçue par Mr. Laurier, producteur), concluant qu'elle pouvait aussi représenter l'éternel renouvellement d'un processus, la destruction continue d'un passé, d'une Histoire, d'une culture, de l'innovation, la répétition des modèles, l'achèvement de l'idée par une mémoire rythmique qui se renouvelle chaque jour, se suffit à elle-même pour consacrer l'idée de Révolution (un mouvement qui rejoint immanquablement son point de départ).

    Car, hélas et logiquement, dès lors qu'un organe perd sa mémoire conservatrice, oublie son propre rôle dans un processus régulier pour tenter l'innovation, le système entier meurt. C'est l'anaplasie, la dégénerescence, le cancer; car le conservatisme est une lutte pour la survie, l'équilibre contre la mort et le Néant. Le changement n'a pas sa place ici, pas plus que la morale ou l'éthique.

    La mémoire conservatrice est un processus systémique pour lequel seul compte le résultat du mouvement cyclique = la préservation d'un système se développant autour de sa propre rumeur praxéologique. C'est une mémoire, ancrée profondément dans les individus, qui affecte l'action dans l'Intérêt des acquis. Une mémoire qui nous garanti l'oubli en somme, pour mieux nous protéger de nos erreurs passées (et condamnant par là-même les exceptions). Qu'est-ce que la liberté et l'imagination si il est possible de les subsituer par la répétition, plus réconfortante ? C'est le TOC routinier du névrosé, le petit monde régulier du dépressif. Répéter encore et toujours les mêmes gestes pour éviter de se poser les véritables questions, de faire face aux véritables problèmes qui nous hantent.

    Nos schémas systémiques - notre mémoire conservatrice - se basent sur des expériences uniques qui vibrent en nous comme des règles immuables. Nos actions ne se meuvent qu'à travers elles, astreignant la censure à la sincérité. Elle érige la logique au frontispice de la raison tout en concédant aux règles de la passion le flot intraitable des frustrations incommodes (vous l'avez noté celle-là ? Très bien, vous pouvez l'oublier maintenant).

Le cynisime est le continuel achèvement de l'éthique par le convervatisme.

"La mémoire est du passé" (Aristote) : l'avenir (l'innovation) n'a jamais eu sa place ici, si ce n'est porté par quelques rares génies.