ANTHROPÔLE, le quartier de la Cineptie !
Association de production audiovisuelle, ATP est aussi un lieu de débats - à sens unique - et d'échanges - unilatéraux - autour du cinéma, de la praxéologie, ou encore de la pêche à la truite fario.
Souvenez-vous de cette note à travers laquelle je critiquais les explicitations filmographiques abusives via l'exemple de Mr. Chagnon, émérite personnage littéraire analysant très longuement "The Big Lebowski". Je considérais alors cet exercice comme de la pure et simple masturbation. J'avais terminé par l'affirmation que, malgré tout, j'aimais Mr. Chagnon pour ce qu'il représentait, sans m'expliquer. C'est donc avec joie que j'ai l'occasion de développer les raisons de cet amour puisque Mr. Chagnon m'a très aimablement contacté (ou du moins un internaute qui prétend être Mr. Chagnon; l'important étant que la personne avec laquelle je me suis entretenu le représente) et que nous avons eu l'occasion de discuter par email interposé il y a de cela quelques semaines. En voici le compte-rendu fidèle. Mr. Chagnon:
Bonjour,
Je me suis effectivement googelisé quelques mois trop tard; j'aime ma propre personne, outrancièrement.
Vous avez raison de dire que cette analyse relève de la pure masturbation intellectuelle. Je suis d'accord avec votre point. J'ai d'abord aimé The Big Lebowski parce que j'ai ri tout au long du film. En fait, il s'agit de la meilleure comédie jamais réalisée. L'analyser ne sert à rien et appauvri le lien affectif.
Mais j'aime me masturber.
J'apprécie sincèrement vos réflexions. Et je vous aime aussi.
Réponse de Mr. Reiss:
Bonjour à vous,
Je vous prie de m'excuser pour le retard de ma réponse, étant alors sur le tournage de mon premier film totalement inutile et ringard, ''Le Baptême'', dont les mauvais premiers rushs que je visionne actuellement devraient définitivement me décider à me lancer dans la controversée mais lucrative réalisation pornographique. J'apprécie que vous m'ayez envoyé ce mail; vous prouvez l'existence d'un lecteur.
Tout d'abord, j'adore moi aussi la masturbation puisque seul un anoniste pourrait trouver plaisir à dénoncer un confrère. Mes notes sont la matérialisation-web2.0 de la masturbation; c'est inutile mais c'est bon pour la circulation sanguine du cerveau.
Il est toujours rassurant et jouissif d'établir un travail archéologique sur un film nous ayant passionné puisque c'est une manière de revivre nos émotions passées et de les rattacher concrètement à des idées, à des concepts (c'est ici ma définition de la masturbation fantasmagorique). L'important n'est alors pas tant d'informer vos lecteurs que les frères Coen sont peut-être vaguement inspirés par Lyotard, mais de ressentir à nouveau, par bribes, l'atmosphère singulière et moderne de Big Lebowski.
Les personnes appréciant ce type de littérature sont des voyeurs ; vous aurez certainement compris que je ne veux aucunement nier vos talents littéraires puisque votre article est rondement bien mené et que je vous aime sincèrement, je vous l'ai déjà affirmé. Je vous aime parce que vous êtes utile à la société en ce sens que vous permettez ainsi à des personnes qui ne peuvent vivre eux-mêmes leurs émotions - les voyeurs - de les vivre à travers autrui - les anonistes -. Et vous êtes un anoniste de talent. Cela aussi, je vous l'ai déjà dit.
Bien à vous,
Ralph Reiss.
Post-Scriptum = j'ai finalement moi aussi googelisé mon nom pour me découvrir un homonyme ayant travaillé sur "Waterworld" de Kevin Reynolds. Je me suis donc empressé de le rajouter à mon curriculum vitae, en espérant que ça marche.